Toutes les deux minutes, une femme meurt dans le monde du cancer du col de l’utérus, selon l’organisation mondiale de la santé. En Nouvelle-Calédonie, ce cancer est le cinquième plus fréquent chez la femme. Le taux d’incidence standardisé y est 1,9 fois plus élevé qu’en métropole, et 2,49 fois supérieur à celui de l’Australie ou de la Nouvelle-Zélande.

Le col de l'utérus est le canal qui relie l'utérus au vagin. C'est dans l'utérus que le fœtus se développe lors d'une grossesse. Le rôle du col est alors majeur puisqu'il assure le maintien la grossesse jusqu’à son terme. C'est seulement au moment de l'accouchement que le col s’ouvre pour permettre le passage de l’enfant. En l’absence de grossesse, c’est grâce à lui que les menstruations (« les règles », « les affaires » …) peuvent s’écouler.

col1

Dans 95% des cas, le cancer du col de l'utérus est causé par le papillomavirus humain (HPV), un virus très fréquent, transmis par les voies génitales. Il est donc dans très peu de cas héréditaire.

Il existe plus de 200 types de HPV différents, qui se transmettent lors de rapports sexuels, même sans pénétration, ou plus rarement lors de la naissance par le passage dans la filière génitale. Lors d’une contamination à la naissance, cela peut entrainer une « papillomatose laryngée juvénile » chez le nouveau-né (une maladie qui se caractérise par une atteinte des cordes vocales) . Si le virus incriminé dans la papillomatose fait partie des virus « à haut risque oncogène », se rajoute à cette maladie un risque pour l’enfant de développer un cancer HPV induit au cours de sa vie.

La grande majorité des hommes et des femmes (80%) sont infectés par des HPV au cours de leur vie, principalement au début de l’activité sexuelle.

Le préservatif, qui permet de se protéger d’un grand nombre d’IST, ne permet pas de se protéger des HPV à 100%.
Les infections par les HPV ne donnent souvent aucun signe et disparaissent spontanément. Cependant, l’infection persiste parfois, causant certains cancers féminins (col de l’utérus, vulve, vagin) et affections pouvant toucher aussi bien les hommes que les femmes (verrues ano-génitales, cancer de l’anus, cancer des voies ORL et cancer du pénis).

Les verrues ano-génitales bien que bénignes, sont souvent récidivantes et leur traitement est particulièrement long et douloureux. En ce qui concerne les cancers féminins, certains signes doivent alerter, comme des saignements survenant en dehors des règles, après la ménopause ou à la suite de rapports sexuels. Ces symptômes, notamment lorsqu’ils touchent le col de l’utérus, peuvent apparaître plusieurs années après l’infection (10-15 ans). D’où l’importance du dépistage, qui permet de détecter précocement des lésions précancéreuses, bien avant qu’un cancer ne se développe. Si le cancer est déjà présent lors du dépistage, plus il est dépisté tôt, plus le traitement est simple et les chances de guérison meilleures.

Il est possible de prévenir ces maladies par trois actions en Nouvelle-Calédonie :
- la prévention des facteurs de risques (grand nombre de partenaire sexuel, IST, tabagisme, surpoids/obésité, alcool, stress, système immunitaire affaibli, …)
- la vaccination anti-HPV: pour les filles depuis 2011 et pour les garçons depuis 2022 entre 9-14 ans* ;
- le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus pour les femmes entre 25 et 65 ans sans antécédent personnel, gratuitement. 

Demander un dépistage

*Il est possible de réaliser un rattrapage jusqu’à 19 ans chez les deux sexes et 26 ans chez certains garçons.
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé du 13 mai 2025, incitent au rattrapage chez les deux sexes jusqu’à 26 ans. Ces recommandations ont été transmises à la DASS et à la CAFAT pour étude avant application territoriale.

L'actualité et les événements

Ressources à télécharger

Posez votre question.

Les données à caractère personnel qui sont collectées dans ce formulaire « vos questions, nos réponses » servent à contacter le référent de l’Agence Sanitaire et Sociale de la Nouvelle-Calédonie susceptible de vous répondre et à compléter la Foire aux questions, sans mention de l’auteur. Elles sont anonymisées et conservées pour un traitement statistique. Pour plus d’éléments relatifs aux données personnelles, vous pouvez consulter notre Politique de confidentialité.

Vos questions, nos réponses

J’ai une mycose ou une infection à Chlamydiae, puis-je faire le dépistage ?

En cas d’infection génitale (ex : IST type Chlamydiae) ou de déséquilibre de la flore vaginale (ex : mycose, présence de Gardnerella vaginalis), un état inflammatoire local peut altérer la qualité du prélèvement et en compliquer l’interprétation. Cela peut conduire à des résultats non exploitables et nécessiter un nouveau prélèvement. Afin d’éviter cette situation, il est recommandé de différer le dépistage jusqu’à la disparition des symptômes et la fin du traitement.

Puis-je me faire dépister en période de règles ?

En période de règles, il est préférable de différer l’examen car ce dernier peut être ininterprétable.

Je suis enceinte ou j’ai un projet de grossesse, est-il possible de se faire dépister ?

Il est préférable de réaliser l’examen de dépistage avant la grossesse bien qu’il soit possible de le réaliser jusqu’à 15 SA. La grossesse est parfois l’occasion pour les femmes d’avoir un meilleur suivi gynécologique. Si vous résidez dans une zone où il y a peu de professionnel de santé et que vous rencontrez des difficultés en dehors de la grossesse pour consulter, il est préférable de réaliser l’examen de dépistage en début de grossesse.

Est-il conseillé de se faire dépister même si on est vacciné contre les virus HPV ?

Oui. Lors des essais cliniques ayant abouti à l’autorisation de mise sur le marché (AMM) des vaccins anti-HPV, l’efficacité a été évaluée proche de 100% pour prévenir des lésions précancéreuses du col de l’utérus et jusqu’à 90% pour prévenir les infections à l’origine des cancers. Le GARDASIL9® protège contre 9 types de papillomavirus (HPV), mais pas contre tous. Au cours de la vie, on peut être exposé à d’autres types de HPV, plus rares mais pouvant aussi provoquer des cancers.

Je suis ménopausée, est ce qu’il est conseillé de continuer de participer au dépistage organisé ?

Oui. Entre 2018 et 2020, l’âge médian du diagnostic de cancer du col de l’utérus en Nouvelle-Calédonie était de 54 ans. Il est important de poursuivre le dépistage après 50 ans. Le dépistage organisé se fait jusqu’à 65 ans. Cependant, il est possible de poursuivre au-delà selon votre histoire personnelle avec un dépistage individuel.

Je n’ai jamais eu de rapport sexuel, est-ce conseillé de participer au dépistage organisé ?

Un rapport sexuel peut inclure ou non une pénétration. Les HPV sont très contagieux et peuvent se transmettre même sans pénétration, par simple contact intime. Si vous avez déjà eu des rapports sexuels sans pénétration (comme des préliminaires), il est recommandé de consulter une sage-femme ou un médecin pour en discuter. Chaque situation étant unique, un avis personnalisé est préférable pour vous guider. Si vous n’avez jamais eu de rapport sexuel (avec ou sans pénétration), il n’est pas nécessaire d’effectuer un dépistage. En revanche, la vaccination anti-HPV reste importante pour vous protéger avant toute éventuelle exposition au virus.